Photo : John Londano

Pour la dernière soirée de Montréal en lumière le 11 mars dernier, Alex Nevsky brillait au Métropolis, nous entraînant avec lui dans ses Eldorados pour un concert authentique et mouvementé. En première partie, la très éclectique Laurence Nerbonne et la Canadienne Ria Mae ont su mettre la table dans deux styles assez différents, mais avec une belle vigueur.

De la première chanson La beauté à la toute dernière en rappel, On leur a fait croire, l’artiste s’est montré investi, charmeur, heureux d’offrir ses récentes pièces autant que des familières tirées d’Himalaya mon amour.

L’expérience a été d’autant plus particulière puisque que je ne connaissais que la chanson-titre du plus récent et troisième opus de Nevsky. Je me suis volontairement abstenue et j’ai connu le véritable sens du mot découverte. D’abord, l’auteur-compositeur-interprète lui-même : un heureux mélange entre la sobriété et l’excentricité que je n’avais pas relevé au lancement d’Himalaya mon amour en 2013. Alex Nevsky est un artiste avec du charisme et une touche d’humilité, perçus dans ses mots de bienvenue. « Alors, vous êtes là, et vous m’aimez. » On aurait cru entendre la forme interrogative, la surprise que le Métropolis soit bondé, fidèle, admiratif, participatif. Nombreuses ont été les fois où le public a entonné les paroles en compagnie du chanteur.

On découvre également un band à l’unité évidente, même si chaque musicien animé d’une fougue personnelle. D’ailleurs, le sourire m’est venu lorsque chaque membre du groupe s’est retrouvé sous son propre halo de lumière en début et en fin de concert, révélant leur singularité. Puis, il était question d’équilibre entre l’ombre et la lumière sur scène. Un jeu de révélation où les cinq musiciens habillés en noir se fondaient dans l’obscurité. Même les projections visuelles, des cœurs au bout d’une allumette et autres motifs, s’esquissaient et disparaissaient.

Donc, c’est sur scène que j’ai entendu pour la première fois ce cri dans L’enfer c’est les autres. La voix de Laurence Lafond-Beaulne au lieu de celle de Cœur de Pirate dans Jeter un sort. Un Nevsky qui rappe à merveille sur Réveiller l’enfant qui dort, Koriass n’étant pas présent. Tes joies liquides qui transperce l’instant. En somme, des chansons qui naviguent entre l’espoir, la colère, la beauté, à la saveur électro-pop. Ce genre de chansons qui donne envie de pleurer et de danser à la fois. En ce samedi soir froid, les gens ont choisi de danser de toute évidence, d’être des « bêtes lumineuses ».

Rose Carine Henriquez

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