La chanteuse danoise Agnes Obel était de retour le 28 février dernier dans le cadre de Montréal en lumière au Théâtre Maisonneuve. Son dernier passage remontait à novembre 2014 devant la salle comble de l’Olympia. Accompagnée de deux musiciennes, elle avait alors revisité les classiques de ses deux premiers albums Philharmonics et Aventine. Cette fois, ils étaient quatre musiciens à entourer l’artiste pour un concert qui s’est révélé moins surprenant que l’on aurait voulu.

Agnes Obel a lancé Citizen of Glass en octobre dernier : un album plus expérimental, ancré dans son univers classique tout en flirtant avec d’autres possibilités. On s’attendait donc que ce nouveau son trouve écho sur scène, sauf que les interprétations des nouvelles pièces sont restées résolument sages, dans une habitude qu’on lui connaît bien. Le public québécois la connaît pourtant, mais elle semblait en douter.

Il faut admettre que la musique orchestrale d’Agnes Obel baigne dans l’émotion et que le fait de ne pas avoir pris de risques n’enlève rien à la beauté de chaque morceau, instrumental ou avec paroles. Il y a ceux qui nous habitaient déjà, « Dorian », « Riverside » ou encore « Words are Dead », pour ne citer qu’eux. Et il y a les nouvelles qu’on apprivoise comme la puissante « Trojan Horses » ou la contrastante « Familiar ». L’auteure-compositrice-interprète a misé sur la simplicité et l’écoute attentive de son public.

Pendant plus d’une heure et demie, sans première partie, l’artiste s’est livrée avec honnêteté malgré sa présence délicate et sa timidité. Moins à l’aise dans les premières chansons – étrangement les nouvelles –, elle a repris un certain contrôle lorsqu’elle a revisité son répertoire plus ancien. Cela peut s’expliquer au fait que le nouvel album mérite encore un temps de « rodage » sur scène. Comme la présence de nouveaux instruments tels que la clarinette, qui était absente dans ses précédents concerts, ou le violoniste montréalais qui en était à sa première collaboration avec la chanteuse. Les violoncelles, quant à eux, ont toujours leur marque rassurante dans l’univers d’Agnes Obel.

On retient tout de même la sobriété efficace d’un concert qui aurait pu voguer vers d’autres territoires, mais qui fut réussi. Entre qualité du son exceptionnel, envolées instrumentales et des musiciens uniques, on ne quitte pas la salle avec une réelle déception, au contraire. Pour ceux qui ne l’avaient jamais vue sur scène, l’expérience s’est sans doute révélée divine.

Rose Carine Henriquez

Agnes Obel était en concert le 28 février au Théâtre Maisonneuve dans le cadre de Montréal en lumière