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Je ne pense pas être toute seule de ma gang à pouvoir affirmer que je ne connaissais pas grand chose du tai-chi et du kung fu (si ce n’est que Bruce Lee existe?) avant de mettre les pieds dans le local de répétition du spectacle Immortal Chi, qui sera présenté à la Place des Arts les 31 mars et 1er avril prochains. Entrevue avec le directeur artistique et metteur en scène Erick Villeneuve.

Un brin craintive – on m’avait annoncé que les valeureux représentants de la presse feraient partie de la présentation -, j’ai vite réalisé que ma propre survie ne serait pas en cause. Les journalistes ont plutôt été invités à se regrouper entre plusieurs tambours menés d’une main de maître par une troupe féminine entre les performances impressionnantes des artistes masculins (pour favoriser le yin et le yang), question d’assister à un extrait percutant du spectacle, entre musique, kung fu et tai-chi.

Un vrai coup de poing en pleine face, que Villeneuve avait envie de communiquer. «En tant que metteur en scène du spectacle, j’ai la chance de le vivre quotidiennement. J’avais envie de vous faire découvrir ça!» Une puissance que souligne aussi le directeur musical Luc Boivin : « Le jour où on a vu tout le monde ensemble pour la première fois… Nos amis ont été surpris de la force des jeunes filles! » En effet, mission réussie.

Il faut dire que c’est loin d’être évident de transposer ces disciplines millénaires sur scène, le kung fu et le tai-chi étant deux arts martiaux centrés sur la force intérieure. Une énergie qu’un maître du tai-chi, en vedette d’Immortal Chi, tentera de retrouver à tout prix.

C’est un grand défi. Comment rendre ça captivant pour les spectateurs? Le chi est une force intérieure dure à décrire, très personnelle.», avoue Villeneuve.

L’expression de cette force un brin insaisissable passe, dans Immortal Chi, par plusieurs numéros de kung fu et de tai-chi, oui, mais aussi par des cascades impressionnantes, un éventail d’armes qui ferait rougir n’importe quel criminel, des projections vidéos et des costumes évocateurs.

La Chine et le Québec : une alliance gagnante

C’est le ministère chinois de la culture lui-même qui a approché Erick Villeneuve pour ce projet. Pas si surprenant quand on regarde son impressionnante feuille de route : l’homme derrière Cavalia, qui a aussi touché au volet canadien du spectacle de clôture des Jeux de Turin, n’en est pas à ses premières armes avec la Chine. Après la création du spectacle permanent à Shanghai Era Intersection of Time et de Kaleido, Villeneuve était prêt pour un défi comme Immortal Chi.

Si on pourrait croire que le plus grand défi dans la création d’Immortal Chi est de porter sur scène un spectacle à grands déploiements qui dévoile des traditions chinoises sous une nouvelle lumière, Villeneuve souligne une autre difficulté de taille : la barrière de langue, et surtout, de culture.

Évidemment, on travaille avec des interprètes. Je ne parle pas chinois, comme je ne parle pas cheval ou acrobatique. Mais parfois, même les traducteurs ne comprennent pas où on veut en venir. Par exemple, si je parle des poutres où on peut marcher au plafond des salles de spectacles – qu’on appelle catwalks -, les artistes ne comprennent vraiment pas pourquoi je veux qu’ils marchent sur les chemins des chats!», explique-t-il en riant.

Comme on s’y attend, les différences s’inscrivent aussi dans les perceptions. «Les Chinois aiment beaucoup montrer qu’ils sont forts. Pour eux, ça passe beaucoup par le sérieux. Ce sont des personnes très flegmatiques. Je dois souvent leur dire “Engage-moi! Fais-moi peur, souris-moi!”» Ces divergences transparaissent aussi dans l’approche de la créativité. Selon Villeneuve, la Chine et le Québec gagnent beaucoup à travailler ensemble. «Au Québec, on a une mine d’or de personnes qui savent s’exprimer et comment bien le faire.»

Mélissa Pelletier

Immortal Chi, 31 mars et 1er avril à la Place des Arts. Pour toutes les information, c’est ici.

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