Crédit photo : Nicolas Cantin

Avait lieu, mardi soir, le dévoilement de la programmation du Festival TransAmériques (FTA) dont la prochaine édition se tiendra du 25 mai au 8 juin.

Depuis 1985, le FTA – jadis appelé le Festival de théâtre des Amériques – propose un éventail artistique impressionnant et renouvelle cette année encore cet immanquable rendez-vous créateur qui prévaut la variété, autant au niveau des genres que des expériences.

Pour ceux et celles qui sont moins familiers avec ce happening, le FTA est un événement annuel (et très attendu!) regroupant plusieurs disciplines artistiques dont la danse, la performance, le théâtre, ainsi que certaines formes plus éclatées. Sa mission? Promouvoir l’art d’aujourd’hui. Pour ce faire, il fait non seulement appel aux pionniers, grands noms du milieu de la création, mais aussi à des artisans émergents.

Inclusif, il accueille autant des productions outre-mer que des œuvres locales. Visionnaire, il se présente comme un pont entre les héritages, s’adressant à tout âge. Audacieux, il transgresse les frontières de la création actuelle par des représentations novatrices.

« Je revendique la notion d’élite artistique comme est acceptée par tous la notion d’élite sportive. » — Martin Faucher, codirecteur général et directeur artistique Crédit photo : Garance Philippe

La cuvée 2017 du FTA revient à la charge avec une poignée de spectacles tous plus alléchants les uns que les autres. Plus précisément, cette 11e édition comprend 27 créations contemporaines d’ici et d’ailleurs.

La thématique est celle des Jeux olympiques d’été de 1976 qui se déroulaient ici, à Montréal. De plus, dans le cadre des célébrations du 375e anniversaire de Montréal, le FTA souhaitait donner une place privilégiée à celle-ci au sein même des œuvres. C’est ainsi que Ville-Marie se retrouve au premier plan de plusieurs spectacles.

Je vous invite à découvrir cinq productions qui ont piqué ma curiosité :

1. La posibilidad que desaparece frente al paisaje – La possibilité qui disparaît face au paysage, El Conde De Torrefiel
5 – 6 juin, Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts

Crédit photo : Claudia Pajewski

Cette troupe barcelonaise nous propose un portrait à mi-chemin entre théâtre et arts visuels, où défilent des tableaux humains exposant certaines inepties sociales qui règnent en ce monde. Paysages bouleversants de la condition humaine se succèdent et forment une toile consciencieuse de mettre en lumière les troubles de notre époque, que ce soit sur le plan environnemental, politique ou social.

2. Caída del cielo, Rocío Molina
7 – 8 juin, Salle Ludger-Duvernay du Monument National

                                                                                                          Crédit photo : djfrat

C’est à la jeune virtuose de flamenco Rocío Molina Cruz, à peine plus vieille que trente ans, que revient le défi de porter ce solo incroyable qui allie danse, musique et performance. Le directeur artistique, Carlos Marquerie, s’est largement inspiré du concept de l’enfer, puisant entre autres dans les écrits de Dante et des peintures de Jérôme Bosh, artiste néerlandais du 15e siècle. Violente et paradoxale, cette œuvre sillonne le clair-obscur qui loge en chacun de nous.

3. Entrez, nous sommes ouverts, Bureau de l’APA
1 au 3 juin, Théâtre Espace Libre

                                                                                            Crédit photo : Marion Gotti

Les créateurs parlent de Entrez, nous sommes ouverts comme d’un atelier aux conventions rebelles qui repensent la scène. Le duo derrière le Bureau de l’APA, composé de Simon Drouin et de Laurence Brunelle-Côté, collaborent cette fois avec Julie Cloutier Delorme – DJ, performeuse et conceptrice sonore – et présentent cet aboutissement artistique mixte animé par la réflexion suivante : « Et si tous ces boutons sur lesquels on appuie, toutes ces connexions qu’on établit, ces petits déclencheurs, constituaient le fil d’un spectacle ? »

4. SPOON, Nicolas Cantin
27 au 29 mai, La Chapelle Scènes Contemporaines

                                                                                        Crédit photo : Nicolas Cantin

Le concept de cette pièce a tout ce qui a de plus invitant : deux enfants, Gaïa (8 ans) et Fiona (11 ans) prendront d’assaut l’espace scénique – et de ce qu’on en comprend, en feront peut-être à leur tête! Nicolas Cantin, diplômé du Conservatoire d’art dramatique d’Avignon, propose, à son habitude, un spectacle hors norme. Il met cette fois au premier plan la candeur de l’enfance à travers un programme dansé.

5. Wycinka Holzfällen – Des arbres à abattre, Krystian Lupa
2 – 3 juin, Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts

                                                                                   Crédit photo : Natalia Kabanow

Les critiques et amateurs de théâtre clament que Des arbres à abattre est un chef-d’œuvre, une pièce forte qui transcende le temps,  un morceau d’histoire à voir et à entendre à tout prix. Avec cette pièce, le polonais Krystian Lupa, leader en matière de mise en scène contemporaine, s’interroge sur l’art et les répercussions – voire l’emprise – qu’il peut parfois avoir sur ses actants, ses participants, ses témoins. Alerte aux fervents d’intensité, la durée des représentations frôle les quatre heures!

C’est avec hâte que nous attendons ces quinze jours phare pour la scène artistique montréalaise où Lisbonne, Tokyo, Paris, Berlin, Vancouver, Bruxelles, Barcelone, Copenhague – pour ne nommer que ceux-là – feront rayonner la culture sous le sigle de l’audace reconnue du Festival TransAmérique.

– Garance Philippe

Festival TransAmériques (FTA) , du 25 mai au 8 juin 2017. Pour toutes les informations, c’est ici.

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