Le conseil de la semaine, c’est un peu pour donner au suivant, pour écrire ce que Julie Gauthier aurait bien aimé lire quand elle était seule à son bureau de directrice générale de la coopérative Paradis (dans un vieux cinéma froid où la neige rentrait l’hiver), poste dans lequel elle portait tous les chapeaux: c’est elle qui posait l’abri tempo, qui gérait un débordement de toilette un 25 décembre et qui n’avait qu’une pomme et une orange pour Noël (seul le dernier item est fabulé). Aujourd’hui artiste (cinéaste-scénariste à temps partiel), directrice du Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent et à la vice-présidence du Réseau des conseils de la culture du Québec, Julie a envie de partager son savoir avec tous les travailleurs culturels et artistes de la relève qui ont besoin d’un coup de pouce pour le côté le plus plate (ou pas?) de la force : financement, développement de projet, marketing… Name it! À suivre tous les lundis.

Moi, je suis définitivement une sprinteuse. Je cours vite, sur de courtes distances et souvent. D’autres vont être capables de courir très longtemps, en gardant le focus. Avez-vous remarqué à quel point c’est devenu une maladie la course? Tout le monde court, parle de course, va faire/ a fait/ ou est en train de faire un 5/10/15 km, pendant que moi je me bourre dans les chips devant Netflix. Bon, je m’égare….

Pourquoi je parle de sport? (Non, ce n’est pas parce que j’écris sur 8 blogues en même temps et que j’ai envoyé le mauvais texte), c’est tout simplement pour illustrer, en partie du moins, un concept que je tente d’appliquer le plus possible, partout, tout le temp… et j’ai nommé l’intelligence collective.

Je m’explique : certains organismes s’acharnent encore et toujours à travailler sur les faiblesses des membres de leur équipe à grands coups de formations. Moi je préfère, et de loin, investir dans les forces de chacun. Ça s’applique dans la gestion culturelle, mais aussi dans les collectifs d’artistes ou d’écrivains…en fait dans toutes les formes de travail de groupe.

Quand je dis que je suis une sprinteuse, c’est que je suis une génératrice à nouvelles idées. J’ai donc besoin de collaborateurs pour les mener à terme (ce qui explique potentiellement mes deux mémoires de maîtrise inachevés). D’autres – les marathoniens, vous l’aurez deviné – prennent leurs idées et s’assurent de les finaliser. Ils sont de ceux qui peuvent porter un projet sur une longue période sans être déconcentrés par une avalanche de nouvelles idées enjôleuses. Dans une équipe de travail, un groupe, un collectif, il faut s’assurer d’avoir un bon mélange de sprinters et de marathoniens.

Une équipe composée uniquement de générateurs d’idées n’ira pas très loin. Les conversations tourneront sans doute autour de :

Heille gang, j’ai eu un flash…»

À l’opposé, une équipe de marathoniens risque de brainstormer de la sorte :

… »

Bon, j’exagère. Mais en plaçant ces deux types de personnes ensemble, c’est là que la magie opère. Les sprinters génèrent des idées de projets, relancent les marathoniens, auront de la facilité à inventer des solutions nouvelles à des problèmes complexes. De leur côté, les marathoniens s’assureront de prendre ces idées et de les développer à leur plein potentiel. C’est là que le travail en intelligence collective commence. On utilise les forces de chacun pour générer le meilleur projet possible. De la même manière qu’on bâtit un groupe de musique, une équipe de travail se monte en combinant et en maximisant les forces de chacun de manière à se compléter. (Qui voudrait d’un band composé de cinq saxophonistes?)

Vous, êtes-vous du genre à avoir mille idées et à avoir de la difficulté à terminer vos projets, où êtes-vous plutôt du genre à travailler sur votre deuxième post-doctorat?

– Julie Gauthier (qui blogue aussi ici)

À DÉCOUVRIR AUSSI :

Le conseil de la semaine : Se réconcilier avec les demandes de subventions