Crédit photo: Maxence Debacker

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en me rendant à l’Usine C jeudi soir pour le premier spectacle d’une série de trois de Dear Criminals à l’Usine C, Trapped. En entrant dans le théâtre, la longue file de spectateurs venus assister à cette performance entre « la musique, de la danse et du cinéma » pouvait déjà entendre une musique sourde, intense, gronder. Déjà, ça sonnait bien.

C’est en entrant dans la salle que ça a été confirmé: Dear Criminals était en mode exploration, et comptait bien s’y plonger tête première. Au milieu de la pièce, un cube. Ou plutôt une scène. Le public a été invité à se répartir à sa guise à travers l’espace. Premier arrivé, premier servi.

Calmes, déjà attentifs, les spectateurs se sont disposés tranquillement avant de fixer les artistes qui s’agitaient déjà dans l’espace restreint, illuminés de diverses projections. Avec les membres de Dear Criminals – Frannie Holder, Vincent Legault et Charles Lavoie -, les deux danseurs Francis Ducharme et Jamie Wright. Marchant de long en large, tournant en rond, ils nous ont bien fait comprendre le sens d’être pris au piège, « trapped », au son d’une musique de plus en plus tendue, dans une intro un brin trop longue. Si bien, qu’on pouvait avoir l’étrange impression de regarder le groupe se préparer tranquillement dans son studio, s’offrant inconsciemment aux regards.

Dear Criminals a parti le bal avec la jolie Le temps des fleurs, tirée de l’album Nelly (2017). Holder est montée sur un banc posé au milieu du cube, entre les instruments, les musiciens et l’histoire qui commençait à se jouer dans une magnifique mise en scène de Jérémie Niel. Francis Ducharme et Jamie Wright, très efficaces dans la peau d’un couple torturé, a pris l’espace en otage. Se mouvant avec conviction sur les pièces du groupe, ils ont réussi à insuffler un autre niveau d’interprétation. Comme si l’histoire de chaque chanson nous était jouée, au rythme de la respiration saccadée des danseurs.

Avec rythme, le trio a pigé allègrement dans son répertoire de plus en plus fourni. Lover’s Suicide, The Frame, Cold Wave et la populaire Took It from Me, qui a fait lever des exclamations dans la salle. Mention spéciale à l’interprétation acoustique de Thorns & Spades, qui est venue apporter une belle bouffée d’air frais dans un spectacle très électro. À travers la salle, soudainement, plusieurs voix se sont levées. C’était le Choeur de la Serre : étonnamment émouvant ce joli apport à la chanson. Avec de gros sourires, les spectateurs sont sortis de leur bulle pour échanger des coups d’œil ébahis avec leur voisine ou voisine. Un mot : wow.

Le spectacle a pris fin trop vite, un peu subitement. Le public, surpris, a semblé se demander s’il devait rester pour avoir la chance d’entendre d’autres chansons. Et bien non, le moment était déjà passé, exquis.

Mélissa Pelletier 

Trapped de Dear Criminals, du 16 au 18 mars 2017 à l’Usine C. Pour toutes les informations, c’est ici.