Crédit photo: Virayak Teak

La chronique « La plume de l’autre » pousse à l’extrême certains clichés, certaines manières d’aborder la culture. Le mot d’ordre? On lit avec humour… et un grain de sel.

C’est moi où les salles de spectacles sont devenues des nids à irritants? Après une attente semi-longue, vient enfin le soir du spectacle. Allé-youppi-hurray, direction le… Oh, il y a du monde dans le métro hein? Et une file dehors. Et ma foi, fait pas chaud chaud.

AH ALLEZ, où est passée la fougue de ma jeunesse? Le moteur de mon amour de la musique? Le feu sacré de… Bon hein, ça fait 1 heure qu’on attend mine de rien! C’est le fun, au moins pour attendre, on a droit à quelques notes du spectacle déjà commencé à l’intérieur. Meh.

Entrée fracassante, achat de bière-coupée-avec-de-l’eau-à- 8$ – qui me sera presque totalement renversée dessus en 5 minutes grâce aux forces obscures de la loi de Murphy – et quelques coups de coudes plus tard, on est presque en arrière! Pousse-tasse-souris-grimace-pousse-tasse-souris-grimace. Tiens un spot. Mon spot. Bonjour spot. Toi et moi, on va en vivre des choses.

Sur la pointe des pieds, la communion avec la musique commence. « C’EST MA TOUNE, C’EST MA TOUNE!!! » Merci illustre inconnu, ça m’intéresse vraiment beaucoup-beaucoup de savoir ça. La magie se passe, la magie se passe. Ouch. OU-CH-EEE. Non, non, c’est correct, autre inconnu. Mon pied est là pour ça.

La position pointe de pieds n’est plus possible, je constate la catastrophe : j’ai envie, et essayer de me rendre aux toilettes en ce moment, c’est un peu l’équivalent de « Take a kayak » de Céline. Hors de question et absolument pas pertinent.

Qu’à cela ne tienne : un peu étourdie par ma bière (LOL), je me laisse emporter par les démons de la danse… au grand mécontentement de mes voisins de show qui me font vite comprendre du regard que le fun, c’est pas pour ici. J’adopte donc la seule attitude possible: droite, immobile, le bras replié à 90 degrés pour pouvoir continuer à m’abreuver du fond de ma douce et collante bière que je ne pourrais jamais remplacer en 100 ans, en fixant la nuque de la personne devant. Qui semble vraiment mieux voir que moi du haut de ses 6 pieds 8.

Je parviens à m’immerger dans le spectacle à nouveau, à profiter en fixant l’énorme écran fixé au mur pour me permettre d’apercevoir en personne mon artiste préféré que je n’arrive pas à voir de mon coin. L’écran vient de tomber en panne. Moi aussi.

La plume de l’autre

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